Manu et Martin autour du monde

Manu et Martin autour du monde

Au delà de la Longue route, les enfants scrutent l'horizon et se questionnent sur l'avenir de leur planète. A la voile, en solitaire et par les mers du Sud, cette Longue Route a été racontée par des enfants. Le 15 août 2018, Manu, à bord de Martin, son bateau, est parti pour un tour du monde sans escale, en passant par les 3 caps: Bonne Espérance, Leeuwin, le Horn. Mes élèves et moi, Michèle, animons ce blog depuis notre classe de CM2 en Martinique pour  la 3ème année scolaire déjà. Bien que Manu n'ait pas pu bouclé son périple à cause d'une terrible tempête à l'entrée de l'Océan Indien ,  nous continuons ce beau projet collectif; cet espace est avant tout un lieu de découvertes et d'échange autour de la mer, les voyages, la voile, le respect de notre environnement et les aventures de Manu et Martin bien sûr !   A vivre et à faire vivre par tous: enfants, amis, familles,  passionnés de bateaux et  amoureux de notre belle terre... Notre petit travail de colibri est d'essayer de tisser un lien entre les enfants du monde, un lien tissé  des vraies valeurs, que sont le respect de l'autre et de notre planète.

HISTOIRES DE PONTON.... JDB pour rigoler...

HISTOIRES DE PONTON.... JDB pour rigoler...

J'étais sur le ponton, aux prises avec ma vieille ancre de secours, qui, visiblement, n'a qu'un seul objectif dans sa vie d'ancre; celui de rouiller.
- HOLA... Bonjour Capitaine!... L'apostrophe m'était, sans erreur possible, destinée.
- Alors, on est Belge? dit le fin personnage en regardant mon pavillon français... L'accent helvétique était à couper au couteau.
- Pas tout à fait, mais j'ai, effectivement, un cousin par alliance, du côté de ma femme à qui c'est arrivé... J'ai aussi, sans vouloir vous offenser, ici même, à  Cape Town, ayant moi même souffert de l'oeil tribord, l'adresse d'un bon ophtalmologue... Je ne saurais que trop vous presser, celui-ci ayant énormement de travail; il est difficile d'obtenir un rendez-vous.
- Ah bon? fit-il, le regard brillant par le manque d'étincelles... Et vous partez? Vous allez où ?
- En Martinique, mon bon monsieur... La mer turquoise, les cocotiers...dis-je, la larme à l'oeil.
- Ben moi, à votre place, j'irais plutôt me balader sous les tropiques... Je dis pas que j'aime pas la Norvège... Mais bon... En plus, doit vous falloir un bon bout de temps pour aller jusque là bas... Au moins une semaine... Non?
- Pile poil, vous eûtes fait un navigateur hors pair, une vocation ratée sans aucun doute. Je reconnais en vous le marin qui, quelquefois, étouffé par les vicissitudes de notre sombre époque, sommeille au plus profond d'un être brillant, et qui, souvent, terrassé par cette espèce de torture morne que l'on appelle communément le travail, ne parvient pas à faire éclore la belle fleur de la vocation nautique qui l'habite... Ha... Le triste monde Monsieur, je vous le dis... Cependant, le délai précédemment
annoncé, supposerait une vitesse moyenne de 36 noeuds, et je crains que malheureusement, ma fidèle monture, même, comme on dit chez nous: "en lui tirant sur la couenne", ne puisse vaillamment dépasser les 5 noeuds de moyenne, ce qui nous ramène, très honorablement, à une cinquantaine de jours...
- Tout ça!... Mais vous êtes combien?
- Tout seul.
- Tout seul.... répéta- t-il dubitatif... Vous jetez l'ancre la nuit bien sûr...
- Ma foi, celle là  est encore pas mal, je ne crois pas que je vais m'en séparer... Notez bien que, si toutefois l'envie m'en prenait, les poubelles sont juste au bout du ponton, même en traînant un peu, j'y serais avant la tombée de la nuit.
- Non, mais comment vous dormez?
- Allongé, quoique ouvert  toute autre suggestion, je reste fermement adepte de ce concept, qui, jusqu'à présent ne m'a jamais déçu.
- Non... Mais quand vous dormez, qui conduit?
- Ha... Nous y voilà, le grand sujet, l'indispensable mécanique, éléctrique ou aérienne... LE PILOTE AUTOMATIQUE....L'inséparable équipier, celui sans qui rien n'est possible, il est à la navigation en solitaire,  ce que le presse purée est à  la pomme de terre, et sans vouloir faire de vils jeux de mots, avec un bon pilote automatique, on peut en écraser tranquillement...
- Quoi que y'en a déshydraté en sachet...
- Comment, m'écriais-je, ayant peur d'être passé à  côté d'une des dernières et mirobolantes inventions de notre époque, des pilotes automatiques?
- Non, de la purée... Mais dites donc, tout ça est très dangereux...
- Monsieur, chez nous, les marins, solitaires de surcroît, le danger est une deuxieme nature, une habitude, un besoin , que dis-je, une drogue... On en veut chaque fois plus... Insatiables, jusqu'à la déraison... Nous sommes des "têtes brûlées" des "trompe la mort". Si je vous disais  qu'il m'arrive quelquefois, lors de grands moments de manque, de nourrir le terrible projet de prendre une automobile et de rouler sur l'autoroute A7 un jour de départ en vacances... C'est vous dire...
Devant tant d'inconscience, de témérité, il restait coit...
- Bon, c'est pas tout, faut que j'y aille... fnit-il par dire.... Ben... Bon
voyage...
Après quelques pas, il se retournait.
- Je suis sûr que vous allez vous en tirer....
Puis il continua sur le ponton...
Rassuré par ces derniers mots, je retournais à mon ancre...

MANU

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Commenter cet article

Hélène 05/01/2019 17:45

Très très drôle ce texte, je me suis bien marrée en imaginant la tête du Belgo-Helvétique ! "Ce sont les mêmes mais ils ne le savent pas, ça ne valait pas la peine de faire 2 pays pour ça" (Coluche)

Laurianne 26/12/2018 20:22

C'est très bien

Nicolas 23/12/2018 22:37

Joyeux Noël Manu gros bisous j'espère te revoir bientôt Martinique bon bonne longue route