Manu et Martin autour du monde

Manu et Martin autour du monde

Au delà de la Longue route, les enfants scrutent l'horizon et se questionnent sur l'avenir de leur planète. A la voile, en solitaire et par les mers du Sud, cette Longue Route a été racontée par des enfants. Le 15 août 2018, Manu, à bord de Martin, son bateau, est parti pour un tour du monde sans escale, en passant par les 3 caps: Bonne Espérance, Leeuwin, le Horn. Mes élèves et moi, Michèle, animons ce blog depuis notre classe de CM2 en Martinique pour  la 3ème année scolaire déjà. Bien que Manu n'ait pas pu bouclé son périple à cause d'une terrible tempête à l'entrée de l'Océan Indien ,  nous continuons ce beau projet collectif; cet espace est avant tout un lieu de découvertes et d'échange autour de la mer, les voyages, la voile, le respect de notre environnement et les aventures de Manu et Martin bien sûr !   A vivre et à faire vivre par tous: enfants, amis, familles,  passionnés de bateaux et  amoureux de notre belle terre... Notre petit travail de colibri est d'essayer de tisser un lien entre les enfants du monde, un lien tissé  des vraies valeurs, que sont le respect de l'autre et de notre planète.

BOUÉE.... DE SAUVETAGE

BOUÉE.... DE SAUVETAGE
Le 19 avril 2018,
Une petite vadrouille en solo, m'amène aux Saintes. Le petit bord de 80 milles environ, depuis la Martinique, est agréable, et, même si des grains nous ont accompagnés toute la nuit, les embruns à 27 degrés et les douches d'eau douce, n'ont pas eu raison de ma bonne humeur, bien au contraire.  Ici le mouillage est protégé. On s'amarre aux boués. L'endroit est touristique, mais pas désagréable, loin de là. 
Une fois Martin en place,  je regarde autour de moi, c'est l'heure des arrivées et les prises de corps mort se succèdent...
Cette manoeuvre reste, visiblement, une manoeuvre qui pose souvent un problème. Synthétiquement parlant, je vois la chose ainsi:

Version 1:
Raymond et Monique sur leur ''Jeanneteau 42.SC Plus Max'', arrivent aux Saintes. Il faut maintenant prendre une bouée d'amarrage. Monique est à  l'avant, gaffe dans la main droite, amarre dans la main gauche, Raymond à la barre, essaie d'amener l'étrave de ''Sahvapété'', (le nom de leur bateau), sur la bouée. Mais, on le sait tous, depuis l'arrière, on ne voit rien. Le vent est aussi de la partie, et un premier essai amène mollement la dite étrave à quelques mètres de la marque... Deuxième essai. Monique guide Raymond en lui indiquant, avec ses bras , la direction à prendre. Ray (pour les intimes), qui n'y comprend rien, fait systématiquement le contraire... c'est encore raté. Le mouillage est bondé, il en va de la réputation de marin du capitaine.  C'est parti, elle en prend pour son grade, en criant, bien sûr, car il est important que tout le monde sache que le skipper n'est pour rien dans ce fichu cafouillage. Monique, qui comme beaucoup d'êtres humains du genre féminin, n'est pas envahie par la testostérone, a un égo normalement dimensionné, et surtout quelques neurones de  plus dans le cerveau, ne répond pas. Au troisième éssai, le bateau est enfin amarré, elle regagne l'intérieur, non sans confier, au passage à Raymond, qu'elle avait pensé à un endroit spécifique de son anatomie, dans lequel il pourrait ranger ses bouées. Raymond, que la douloureuse perspective a ému, court à l'avant se changer les idées en peaufinant l'amarrage, Monique à l'intérieur cherche sur internet, un billet d'avion retour simple et  pas cher, pour la métropole. 
 
Version 2 :
Raymond et Monique sur ''Touvabienabor'',  leur Jeanneteau 42.SC  Plus Max, arrivent aux Saintes. Il faut maintenant prendre une bouée d'amarrage. Ray, a auparavant, passé une amarre qui part de la jupe à l'arriere, passe par un côté et court  à l'extérieur des filières, jusqu'au davier, d'ou elle revient par les passavants, jusqu'au cockpit, où il sera aisé de la tourner sur un winch. Raymond  présente le bateau sur la bouée par l'arrière et un peu en travers du vent, celui-ci venant du même côté que celui où a été passé l'amarre. La manoeuvre est aisée, le barreur étant à  l'arrière, il ne peut perdre la cible de vue . Monique, accroupie dans la jupe, reçoit la bouée dans les mains, passe le bout dans l'anneau, et confectionne un beau noeud de chaise. Son regard plein de confiance pour ce skipper si adroit et tellement calme, avoue une admiration sans borne. Il suffit maintenant de wincher du cockpit pour ramener la bouée amarée à l'avant, au davier, le plus haut possible si l'on veut passer d'autres amarres, en boucles, par exemple, pour pouvoir se libérer facilement au moment de partir. ''Belle manoeuvre!", confie Monique au capitaine de sa vie, qui lui fait amoureusement remarquer que la ''belle manoeuvre'' s'est faite à deux. Alors, ils descendent à l'intérieur du bateau... On ne les reverra pas de tout l'après midi... 
 
Personnellement j'ai choisi la version 2.
MANU
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