Manu et Martin autour du monde

Manu et Martin autour du monde

Au delà de la Longue route, les enfants scrutent l'horizon et se questionnent sur l'avenir de leur planète. A la voile, en solitaire et par les mers du Sud, cette Longue Route a été racontée par des enfants. Le 15 août 2018, Manu, à bord de Martin, son bateau, est parti pour un tour du monde sans escale, en passant par les 3 caps: Bonne Espérance, Leeuwin, le Horn. Mes élèves et moi, Michèle, animons ce blog depuis notre classe de CM2 en Martinique pour  la 3ème année scolaire déjà. Bien que Manu n'ait pas pu bouclé son périple à cause d'une terrible tempête à l'entrée de l'Océan Indien ,  nous continuons ce beau projet collectif; cet espace est avant tout un lieu de découvertes et d'échange autour de la mer, les voyages, la voile, le respect de notre environnement et les aventures de Manu et Martin bien sûr !   A vivre et à faire vivre par tous: enfants, amis, familles,  passionnés de bateaux et  amoureux de notre belle terre... Notre petit travail de colibri est d'essayer de tisser un lien entre les enfants du monde, un lien tissé  des vraies valeurs, que sont le respect de l'autre et de notre planète.

LE RETOUR

LE RETOUR

Grande Anse, le 6/10/2019
Il est quelquefois des navigations étonnantes, et qui, bien qu'à priori sans danger, arrivent à être réellement éprouvantes.  
Carriacou 9h00 du matin.  
Je relève l'ancre, pas facile, le guindeau de Martin est resté en métropole, et le petit grain au mauvais moment complique un peu la tâche. Je le voyais un peu plus loin... Bon on fait avec. Je laisse Martin dériver. Puis c'est bon, ça passe, la grand voile est envoyée. Le solent la suit le temps de passer le relief qui borde la baie et perturbe le petit courant d'air qui, je l'espère, nous emmènera,  jusqu'en Martinique. Tout cela se stabilise, nous sommes au bon plein, petit largue, le code zéro monte remplacer le solent. Tout va bien... Presque, un autre petit grain s'annonce, «d’où il sort celui-là?» Pas très violent mais assez pour affaler le code zéro. Bon j'attends... C'est un peu long; je renvoie le solent. Le temps de manœuvrer le petit trouble fête s'est évaporé. Bon on recommence, à l'envers, cette fois ci, le code zéro remonte. Mais Éole, lui,  ne le voit pas comme ça; le vent refuse (vient plus de face) et je n'ai plus le bon cap... bon, le solent remplace à nouveau mon beau code zéro, il est suffisant à cette allure. Le vent monte, cric crac: un ris est pris, «joli coup Manu!» -je m'autocongratule assez facilement, je navigue souvent en solitaire, comme cela personne ne voit toutes les bêtises que je fais, mais personne n'est là non plus pour me féliciter, alors je me débrouille tout seul- . Un café s'impose. Mais non, ça se calme, il faut relâcher le ris... bon... Je commence à trouver tout ça de moins en moins rigolo, et j'aimerais bien boire un petit café. Le ris est donc relâché. La bouilloire siffle à peine quand «ça faiblit à nouveau»; il faut renvoyer le code zéro... Tout ça commence à m'énerver, et la perspective d'un bateau à moteur commence à m'effleurer. Tout cela durera plus de trente heures. J'en étais à envisager une nouvelle vie de fermier dans le Cantal quand finalement, sur l'horizon apparut la Martinique... en même temps que disparaissaient les derniers zéphyrs. Quelques bordées de jurons plus tard, un petit air renaît. Celui-la nous amènera, une fois la nuit tombée, jusqu'au mouillage... ouf. 
L'ancre est crochée, je souffle, je suis épuisé. Une voix, venant d'une annexe  derrière moi me demande:  « Alors Manu la route a été bonne?» et là je m'entends répondre: «... Super!»...
 On est vraiment incorrigible.
MANU M. 

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