Manu et Martin autour du monde

Manu et Martin autour du monde

Au delà de la Longue route, les enfants scrutent l'horizon et se questionnent sur l'avenir de leur planète. A la voile, en solitaire et par les mers du Sud, cette Longue Route a été racontée par des enfants. Le 15 août 2018, Manu, à bord de Martin, son bateau, est parti pour un tour du monde sans escale, en passant par les 3 caps: Bonne Espérance, Leeuwin, le Horn. Mes élèves et moi, Michèle, animons ce blog depuis notre classe de CM2 en Martinique pour  la 3ème année scolaire déjà. Bien que Manu n'ait pas pu bouclé son périple à cause d'une terrible tempête à l'entrée de l'Océan Indien ,  nous continuons ce beau projet collectif; cet espace est avant tout un lieu de découvertes et d'échange autour de la mer, les voyages, la voile, le respect de notre environnement et les aventures de Manu et Martin bien sûr !   A vivre et à faire vivre par tous: enfants, amis, familles,  passionnés de bateaux et  amoureux de notre belle terre... Notre petit travail de colibri est d'essayer de tisser un lien entre les enfants du monde, un lien tissé  des vraies valeurs, que sont le respect de l'autre et de notre planète.

RÊVE OU RÉALITÉ

RÊVE OU RÉALITÉ

RÊVE OU RÉALITÉ 
J'avance dans cette étrange ville. Les boutiques multicolores se succèdent, jouets, farces et attrapes, bonbons, gâteaux...

Étonnant, songeais je, en arpentant la petite rue aux pavés inégaux. Un peu plus loin, j'arrive sur une grande place. De nombreux animaux  semblent s'amuser. Une équipe de pingouins joue au football contre des petits lapins à peine plus gros que  le ballon. Des petits agneaux courent dans tous les sens; ils jouent à trappe-trappe avec un gros loup au poil noir et luisant.
    Une énorme bâtisse attire mon attention. On dirait un château de contes de fées. La curiosité m’entraîne sous le grand porche d'entrée, au dessus duquel est gravé en lettres majuscules et dans la pierre blanche: GRAND CONSEIL DE RIGOLAND.

- Où suis je? Inquiet je m'avance aussi discrètement que possible. Un petit coin d'ombre; je me dissimule derrière une grosse colonne de marbre froid...
    Une longue table occupe le centre de l'immense pièce que des centaines de bougies, mystérieusement suspendues  dans les airs, éclairent.  Tout au bout de celle ci je reconnais, à ses cheveux blonds et sa grande écharpe, le petit prince. Il occupe la place du président, à sa droite siègent Pinocchio et le tout petit... qui est ce?... Oui ça y est, c'est le Petit Poucet. En face d'eux le gros chat au chapeau de mousquetaire c'est le Chat Botté. A ses côtés, je reconnais Cendrillon. Un bruit fracassant fait tourner la tête à tout le monde. Alice vient de sortir de son miroir accroché sur le mur du fond. Elle se masse un genou, elle a l'air en colère:
-- Qui a encore laissé traîner son skateboard au pied de mon miroir?''dit elle en fusillant l'assemblée du regard.
-- Ce n'est pas moi, répond  Pinocchio dont le nez s'allonge d'une bonne vingtaine de centimètres.
 L'arrivée en trombe du Petit Chaperon Rouge fait diversion :

''Excusez moi, je suis en retard, c'est que je devais porter a ma grand mère...''  

-- Oui oui, te fatigue pas, on sait, coupe d'une seule voix l'assistance d'un air blasé.   
Tout le monde est assis, le Petit Prince prend la parole:
-- Nils Holgersson arrivera en retard, il a loupé l'oie de 15H56, il prendra la suivante. Quand à L.B.A.B.D  (la Belle au Bois Dormant pour les copains), une fois de plus elle n'a pas entendu son réveil...
-- On peut commencer quand même, insiste Cendrillon, je voudrais rentrer avant minuit... Problème de transport.
-- D'accord la rassura t-il. 
Il reprit plus fort pour que tous l'entendent: 
--  Mes amis, les nouvelles ne sont pas si mauvaises que ça. Le petit virus que nous avons envoyé chez les hommes du monde ''réel'' comme ils disent, car ils considèrent que nous, le monde imaginaire, n'existons pas, le petit virus, disais-je, fait son travail. En effet, l'obligation de se confiner, d'arrêter de courir partout pour toujours posséder un peu plus, ou pour gagner encore plus d'argent, cette dure contrainte, commence à porter ses fruits. Leur imagination, se remet en route, leur humour renaît doucement et ils commencent à se poser des questions. Mais attention, nous ne devons pas baisser la garde. Ceci n'est qu'un palier, nous sommes juste au pic de l'action, nous devons tenir le coup encore un bon moment. Se relâcher maintenant serait une grosse erreur. Si nous nous relâchions maintenant nous risquerions une deuxième vague, une énorme vague de consommation, car l'avidité, l'individualisme et l'envie de toujours posséder plus  est fortement ancré chez les humains. Cette deuxième vague serait terrible. Elle annihilerait le petit reste de fantaisie qu'il reste dans leur monde et nous disparaîtrions tous, et eux avec nous, car il n'y aurait plus personne pour croire en nous. Et, un monde sans nous, sans magie, un monde sans la Fantaisie est un monde qui se meurt.
MANU M le 14 avril 2020

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GENEVA 15/04/2020 16:15

Magnifique pour cette histoire