Manu et Martin autour du monde

Manu et Martin autour du monde

Au delà de la Longue route, les enfants scrutent l'horizon et se questionnent sur l'avenir de leur planète. A la voile, en solitaire et par les mers du Sud, cette Longue Route a été racontée par des enfants. Le 15 août 2018, Manu, à bord de Martin, son bateau, est parti pour un tour du monde sans escale, en passant par les 3 caps: Bonne Espérance, Leeuwin, le Horn. Mes élèves et moi, Michèle, animons ce blog depuis notre classe de CM2 en Martinique pour  la 3ème année scolaire déjà. Bien que Manu n'ait pas pu bouclé son périple à cause d'une terrible tempête à l'entrée de l'Océan Indien ,  nous continuons ce beau projet collectif; cet espace est avant tout un lieu de découvertes et d'échange autour de la mer, les voyages, la voile, le respect de notre environnement et les aventures de Manu et Martin bien sûr !   A vivre et à faire vivre par tous: enfants, amis, familles,  passionnés de bateaux et  amoureux de notre belle terre... Notre petit travail de colibri est d'essayer de tisser un lien entre les enfants du monde, un lien tissé  des vraies valeurs, que sont le respect de l'autre et de notre planète.

Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE

ManuE, notre exploratrice des régions polaires nous revient aujourd'hui pour cette fois,  nous raconter joliment sa randonnée de 100 kilomètres en totale autonomie. 

Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE

Cela se passe dans le sud de la France dans le parc du Verdon

Bravo ManuE et merci de nous raconter et partager ainsi tes super aventures.

Entrevaux, France

Du bonheur d'user ses semelles pour se dé-confiner les méninges !


Rester un mois au même endroit ; un mois sans pouvoir aller naviguer ; un mois sans pouvoir bouger librement ; un mois sans aller voir ses amis ; un mois pendant lequel où il ne faut pas oublier de demander la permission pour sortir...

Depuis mon retour du Brésil, le confinement me donne l'impression d'être un petit poisson qu'on a confortablement installé dans un joli bocal. La déco est superbe, l'environnement très agréable mais le bocal est étroit, et le petit poisson n'a de cesse de rêver d'océan et de liberté. Alors, quand le bocal s'est un peu ouvert et que nous avons eu accès au grand bain, j'ai décidé de partir marcher pour me reconnecter les neurones, et satisfaire ce besoin irrépressible de grands espaces...

En regardant ce qui pouvait coller avec les nouvelles limites du bocal, 100km, je découvre que le GR4 (chemin de grande randonnée) passe juste devant ma porte et peut m'amener jusque dans les Gorges du Verdon ! (et même jusqu'à Royan sur la côte Atlantique, mais là on sort complètement du bocal !)

Banco : je décide de relever ce challenge ! Partir seule, en autonomie pour une grande marche de 100 km. Je prépare minutieusement mon paquetage : 15 kg tout compris (eau + nourriture + matériel de bivouac). Et je quitte la maison, sac sur le dos, chaussures aux pieds, résolue à expérimenter à pleins poumons cette nouvelle forme de liberté.


Les premiers kilomètres sont particulièrement exaltants. La première journée est celle de la découverte, où l'on observe ses sens se mettre en action. Les sensations s'entremêlent, entre la joie de se sentir complètement libre, au milieu de ces immenses paysages montagneux et fleuris et, il faut le reconnaître, la légère appréhension de partir seule et de devoir réussir à s'adapter à un nouveau mode de vie itinérant. Et puis, le corps découvre lui aussi un nouveau rythme : poser un pied devant l'autre en trouvant le juste équilibre avec 15 kg sur le dos, et la bonne cadence suivant la topographie, l'état du chemin ; maintenir ses sens en éveil pour ne pas perdre le fil du jeu de piste que constitue le balisage blanc et rouge du GR ;esquiver les chenilles processionnaires qui, suspendues à des fils invisibles, semblent être en lévitation tout au long du chemin ;garder un œil sur  les nuages qui parfois se font menaçants et puis, savoir s'accorder un petite pause de temps en temps pour reprendre un peu d'énergie et admirer la magnificence du chef d’œuvre de la nature.  
Au milieu de l’après-midi de cette première journée, les contrastes du ciel ne laissent plus de doute quant à l'orage qui va me tomber sur la tête. Je me hâte de rejoindre la petite chapelle de Gréolières que j'avais repérée sur la carte pour planter ma tente. Juste à temps ! 30 minutes plus tard et je me serai retrouvée à planter ma tente sous des trombes d'eau. Je me félicite de cette première étape rondement menée : objectif rempli ! Il ne reste plus qu'à survivre à ma première nuit, sous ma petite tente, toute seule au milieu de nulle part.
Malgré le confort sommaire de mon abri, j'ai le plaisir d'être réveillée le lendemain matin par le chant des oiseaux en ayant le sentiment d'avoir passé une bonne nuit, sans angoisse, ni cauchemar, et surtout sans courbatures, ni douleurs : prête à reprendre la route. Un peu de porridge, un petit café, je replie la tente, chausse mes bottes de sept lieux, et c'est parti pour une deuxième journée sur les grands chemins.
Je sais maintenant que je peux aller loin. En ayant accepté de sortir de ma zone de confort, je me suis rassurée sur ma capacité à voyager seule et à improviser des solutions devant d'éventuelles petites difficultés. Le challenge de cette deuxième journée, c'est un serpent sur le chemin : j'envoie quelques pierres pour essayer de le déloger. L'animal a un sacré sang froid, il ne bouge pas ! Méfiance, peut être qu'il bluffe, j'opère alors un large tour par les fourrés, prudence est mère de sûreté.

Le lendemain, le challenge se présentera sous la forme d'un loup. Je viens de quitter l'écrin de verdure de mon bivouac, la bête se tient à l'arrêt à 150m devant moi. Nos regards n'auront pas la chance de se croiser. A peine le temps d'apercevoir son pelage sombre, qu'il tourne les coussinets et s'éloigne en trottinant élégamment. Délicieuse petite montée d'adrénaline, où l’intellect tente de calmer l’instinct primitif, en lui rappelant que le loup n'est pas un prédateur pour l'homme, et qu'il faut se sentir plus honoré qu'horrifié d'avoir pu entrevoir un animal aussi timide en temps normal.

Le matin du troisième jour, ce sont les cloches qui me réveillent. Et au bout de ces cloches, il y a des paires de cornes : un joli troupeau de vaches encercle ma tente. Leur extrême curiosité me pousse à croire qu'elles auraient vraiment adorer en faire la visite si je ne les avais pas repoussées. Autant de petits moments qui m'ont bien fait rigoler de moi-même, une fois passé l'instant où la surprise vient pincer un peu le cœur.  
Mes journées s'enchaînent avec en moyenne 8 à 9 heures de marche, et une petite vingtaine de kilomètres au compteur. Chaque jour, je me sens de plus en plus en phase avec cette aventure, tout devient naturel, évidemment et facile. Trouver un point d'eau ou un lieu pour bivouaquer, s'orienter, reprendre contact avec la vie en pleine nature en se limitant à des besoins essentiels. Incroyable l'effet de la simplicité de ces petits bonheurs : se baigner dans les torrents d'eau glacée, écouter le bruissement du vent dans les arbres, sentir les papillons virevolter autour de soi, cueillir quelques cerises, boire l'eau fraîche d'une fontaine, et même se régaler d'une boîte de pâté de Hénaff. Mais par dessus tout, c'est la plénitude de cet état méditatif qu'on atteint après quelques jours de solitude qui est savoureux.

Quel délice de laisser le flot de ses pensées aller et venir sans contrainte, sans gêne. Tout devient plus clair, au fil des jours, on sent les idées qui s'organisent de manière moins confuses : c'est le grand ménage de printemps où l'on peut évacuer tout ce qui est en trop.
Après 5 jours de marche, et une petite centaine de kilomètres parcourus, je me sens légère, déterminée et, les plans du début de la balade ont évolué. Je prévoyais d'aller jusque dans les Gorges du Verdon, et finalement, je réalise que ce trajet si bien tracé n'avait en fait pour but que de me faire passer tout près d'un chalet, dont j'avais repéré l'annonce sur internet quelques semaines auparavant. Coïncidence ou synchronicité,  l'occasion était trop belle pour manquer de la saisir. Et c'est donc accompagnée de ma famille, venue me rejoindre pour l'occasion, que j'ai pu visiter ce joli coin de paradis où je me verrai bien venir poser mes sacs entre deux expéditions dans les glaces. Affaire à suivre... fin de la grande balade...et maintenant, petite pause pour préparer mon départ d'ici quelques jours pour rejoindre un nouveau bateau en Norvège !
ManuE

Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE
Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE
Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE
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Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE
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Dans le Verdon, la randonnée du déconfinement de ManuE

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Commenter cet article

Daniel PAGES 09/06/2020 16:41

Superbe rando ! Merci ManuE ! ;) C'est une magnifique région !
Ça change des mers et des glaces du grand sud...

Ambre 08/06/2020 18:58

Super aventure!!

Généva 08/06/2020 17:36

Magnifique les photos

Lissa 08/06/2020 16:11

Super belle article MaunuE ça ma beaucoup plus t'es photos sont super belle j'espère qu'on se reveras très bientôt
Lissa